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Recrutement médical

Recruter un infirmier : le guide des établissements

Par TalentCare Santé, cabinet de recrutement médical et paramédical

8 min de lectureMis à jour le

Pour recruter un infirmier, un établissement vérifie son diplôme d'État et son inscription à l'Ordre, choisit le marché visé (soins généraux ou spécialisation), puis cherche dans les instituts de formation, par la cooptation, sur les plateformes et, pour les spécialisations en tension, par approche directe. Les spécialisations sont IADE, IBODE, puériculture et pratique avancée. Ce qui décide le candidat tient au planning, aux effectifs réels et à l'encadrement, la rémunération étant contrainte par la grille ou la convention collective.

Le recrutement infirmier n'obéit pas aux mêmes règles que le recrutement médical : statuts, spécialisations, conventions collectives, canaux, tout diffère. Le marché est aussi d'une autre taille : la DREES dénombre 508 800 infirmières salariées au 31 décembre 2023, et 98 900 infirmières ayant exercé une activité libérale au cours de l'année 2023, en France hors Mayotte.

Que faut-il vérifier avant d'embaucher un infirmier ?

Trois points, qui ne souffrent aucune approximation : le diplôme d'État, l'inscription au tableau de l'Ordre national des infirmiers et, le cas échéant, la situation au regard d'un diplôme étranger.

Le diplôme d'État d'infirmier, préparé en trois ans dans un institut de formation en soins infirmiers et obligatoire pour exercer, selon l'Onisep.

L'inscription au tableau de l'Ordre national des infirmiers, obligatoire pour tout infirmier quel que soit son mode d'exercice, salarié du public ou du privé comme libéral, rappelle l'Ordre national des infirmiers. Elle emporte l'attribution d'un identifiant au répertoire partagé des professionnels de santé. Le conseil départemental ou interdépartemental du lieu d'exercice vérifie notamment le diplôme, la moralité et le niveau de connaissance linguistique, et se prononce dans un délai maximal de trois mois à compter du moment où le dossier est complet.

La situation au regard d'un diplôme étranger, le cas échéant. Un diplôme obtenu dans l'Union européenne relève de la reconnaissance des qualifications ; un diplôme obtenu hors de cette zone suppose une procédure d'autorisation d'exercice. La logique est proche de celle décrite pour les médecins dans recruter un médecin étranger, mais les textes et les autorités compétentes diffèrent.

Quel infirmier recherchez-vous ?

Un infirmier en soins généraux, ou un infirmier spécialisé : l'Onisep recense quatre diplômes d'État de spécialisation, infirmier anesthésiste (IADE), infirmier de bloc opératoire (IBODE), puériculture et infirmier en pratique avancée (IPA). Parler du « recrutement infirmier » au singulier masque des réalités très différentes : chaque spécialisation constitue un marché propre, avec ses propres tensions.

L'infirmier diplômé d'État en soins généraux constitue le socle des équipes. La difficulté à recruter varie fortement selon le service, l'organisation du travail et le territoire.

L'infirmier anesthésiste exerce en bloc, en réanimation ou en SMUR, après une spécialisation sanctionnée par un diplôme d'État. Le vivier est restreint et la tension structurelle : un poste vacant se pourvoit rarement vite.

L'infirmier de bloc opératoire intervient au bloc, avec des compétences exclusives sur certains actes. Même logique de vivier étroit.

L'infirmier puériculteur exerce en maternité, néonatalogie, pédiatrie ou en protection maternelle et infantile.

L'infirmier en pratique avancée dispose de compétences élargies dans un domaine d'intervention défini, exercées en coordination avec un médecin. C'est un levier récent d'organisation, notamment dans les territoires où le temps médical manque, sujet que nous abordons dans pénurie de médecins.

Un établissement qui ouvre un poste doit donc savoir précisément lequel de ces marchés il adresse. Une annonce générique « recherche infirmier » attire les mauvais profils et rate les bons.

Sous quel statut recruter un infirmier ?

Fonction publique hospitalière à l'hôpital public, salariat sous convention collective dans le privé, exercice libéral ou intérim : chaque cadre a ses règles.

CadreEmployeurCe qui le caractérise
Fonction publique hospitalièreHôpital publicTitularisation après concours ou contrat ; grille indiciaire nationale
Salariat privéClinique, EHPAD, associationConvention collective applicable au secteur ; rémunération contractuelle
LibéralCabinet, exercice à domicileHonoraires conventionnés ; installation après une expérience préalable
IntérimAgenceSouplesse pour le professionnel, coût et discontinuité pour la structure

Le passage à l'exercice libéral suppose une expérience préalable : selon l'Onisep, les infirmiers peuvent s'installer en libéral après deux années d'exercice. Cette règle a une conséquence directe pour les établissements : les jeunes diplômés commencent leur carrière en salariat, ce qui fait des premières années d'exercice un moment décisif pour fidéliser.

Où trouver des infirmiers à recruter ?

Dans les instituts de formation, par la cooptation, sur les plateformes et réseaux professionnels, par approche directe sur les postes en tension, et parmi les professionnels formés à l'étranger.

Les instituts de formation. C'est un canal rentable et souvent négligé. Un établissement qui accueille sérieusement des étudiants en stage (un tutorat réel, une place dans l'équipe, un accompagnement) recrute une partie de ses futurs infirmiers parmi eux. Le retour sur investissement se compte en années, ce qui explique qu'on l'oublie, mais il construit un vivier qu'aucune campagne d'annonces ne remplace.

La cooptation. Les infirmiers en poste connaissent des collègues. Un établissement où l'on travaille bien génère spontanément des candidatures ; un établissement dont l'organisation est réputée difficile n'en génère aucune. C'est le prolongement direct du travail décrit dans marque employeur.

Les plateformes et réseaux professionnels, utiles sur les profils généralistes et les remplacements, beaucoup moins sur les spécialisations rares.

L'approche directe, nécessaire sur les postes en tension (anesthésie, bloc opératoire) où les professionnels visés sont en poste et ne consultent aucune annonce.

Les professionnels formés à l'étranger, à condition d'anticiper les délais de reconnaissance et d'accompagner l'installation.

Qu'est-ce qui décide un infirmier à accepter un poste ?

Le planning, les effectifs réels, l'équipe, l'encadrement, l'accès à la formation et les conditions matérielles. La rémunération compte, mais elle est largement contrainte : grille indiciaire dans le public, convention collective dans le privé. À niveau comparable, ce qui distingue deux postes se joue ailleurs.

  • La stabilité du planning. Le nombre de changements de dernière minute, le respect des repos, la prévisibilité des cycles.
  • Les effectifs réels. Pas l'effectif théorique du service, mais celui constaté un dimanche d'été. Les candidats posent la question ; y répondre précisément est un avantage.
  • La composition et la stabilité de l'équipe. Une équipe qui tourne beaucoup signale un problème que chacun sait lire.
  • L'encadrement de proximité. La qualité de la relation avec le cadre de santé pèse lourd dans la décision de rester.
  • L'accès à la formation et aux spécialisations. Un établissement qui accompagne un projet de spécialisation fidélise durablement.
  • Les conditions matérielles : places de crèche, logement, stationnement, restauration. Sur des métiers à horaires décalés, ces éléments ne sont pas accessoires.

Comment garder un infirmier après son arrivée ?

Par une période de travail accompagné réellement tenue et un tutorat doté de temps. Le recrutement infirmier se perd souvent après la signature : un départ précoce oblige à relancer une recherche, et l'équipe absorbe une transition pour rien.

Ce qui fait la différence est proche de ce que nous décrivons pour les médecins dans fidéliser ses médecins, avec deux spécificités.

Le doublon d'intégration. Une période de travail accompagné, réellement tenue, et non supprimée dès la première absence dans le service. C'est un point sur lequel les promesses sont souvent rompues.

Le tutorat. Un référent identifié, avec du temps dédié pour cela. Un tutorat confié à quelqu'un qui n'a pas le temps de l'exercer produit l'inverse de l'effet recherché.

Quand un cabinet est-il utile pour recruter des infirmiers ?

Sur les spécialisations en tension, où l'approche directe est nécessaire, et lorsque les équipes internes n'ont pas le temps de prospecter. Un cabinet spécialisé apporte un vivier déjà qualifié et la connaissance des statuts et conventions applicables. TalentCare Santé, qui publie cet article, est un cabinet de recrutement médical et paramédical qui recrute partout en France : sa démarche pour ce métier est décrite sur la page recruter un infirmier.

Pour les structures d'exercice coordonné, centres de santé notamment, la question du recrutement se pose souvent en même temps que celle de l'organisation et du modèle économique. Notre partenaire Opti-CDS accompagne spécifiquement les centres de santé infirmiers sur ces volets.

Sources et références utiles

Questions fréquentes

Comment recruter un infirmier ?
En vérifiant d'abord le diplôme d'État et l'inscription au tableau de l'Ordre national des infirmiers, puis en identifiant le marché visé : soins généraux, ou spécialisation (infirmier anesthésiste, de bloc opératoire, puériculture, pratique avancée). Les candidats se trouvent dans les instituts de formation, par la cooptation, sur les plateformes et, pour les spécialisations en tension, par approche directe. L'offre doit dire ce qui décide un infirmier : stabilité du planning, effectifs réels, équipe, encadrement, accès à la formation.
Comment recruter rapidement un infirmier de bloc opératoire ?
En ciblant directement les infirmiers de bloc déjà spécialisés, souvent en poste et peu lecteurs d'annonces, par approche directe et par cooptation, et en décrivant précisément le bloc : spécialités chirurgicales, programme opératoire, effectifs, organisation du planning. À moyen terme, accompagner un infirmier du service vers la spécialisation construit le vivier qui manque.
Un infirmier diplômé à l'étranger peut-il exercer en France ?
Cela dépend du lieu d'obtention du diplôme. Un diplôme délivré dans l'Union européenne, l'Espace économique européen ou en Suisse relève de la reconnaissance des qualifications professionnelles. Un diplôme obtenu hors de cette zone suppose une procédure d'autorisation d'exercice distincte. Dans les deux cas, l'inscription à l'Ordre national des infirmiers, qui vérifie notamment le niveau de connaissance linguistique, reste obligatoire.
Faut-il un numéro RPPS pour recruter un infirmier ?
Le numéro RPPS identifie le professionnel de santé et découle de son inscription à l'Ordre. Il n'est pas à la charge de l'établissement, mais il doit exister : un infirmier non inscrit ne peut pas exercer. C'est une vérification à faire au moment de la promesse d'embauche, pas après la prise de poste.
Quelle différence entre un IPA et un infirmier spécialisé ?
Un infirmier spécialisé (anesthésiste, de bloc opératoire, puériculteur) exerce un métier défini par un diplôme d'État propre. L'infirmier en pratique avancée relève lui aussi d'un diplôme d'État, mais d'un dispositif distinct, qui lui confère des compétences élargies dans un domaine d'intervention et un exercice en coordination avec un médecin.

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