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Recrutement médical

Médecin : changer de poste sans se tromper

Par TalentCare Santé, cabinet de recrutement médical et paramédical

5 min de lecture

Les articles sur le recrutement médical s'adressent souvent aux établissements. Celui-ci s'adresse aux praticiens. Changer de poste engage plusieurs années d'exercice, parfois un déménagement familial : cela mérite autant de préparation qu'un recrutement en mérite de l'autre côté.

Commencer par distinguer deux questions

Avant de regarder la moindre annonce, une clarification s'impose : ce que vous fuyez et ce que vous cherchez ne sont pas la même chose.

Un praticien épuisé par une permanence des soins trop lourde cherche parfois « un autre poste », sans avoir formulé que sa contrainte réelle est le nombre de gardes. Il accepte alors un poste comparable ailleurs et se retrouve dans la même situation dix-huit mois plus tard.

Prenez le temps d'écrire deux listes. D'un côté ce qui ne va plus : charge, organisation, relations, absence de perspectives, cadre de vie. De l'autre ce qui vous ferait dire oui : type d'activité, plateau technique, autonomie, équilibre, territoire.

Les postes qui vous conviennent se trouvent à l'intersection. Sans cette clarification, vous jugerez chaque offre à l'intuition, et l'intuition, en recrutement, se trompe souvent.

Lire une offre entre les lignes

Une annonce se juge autant à ce qu'elle dit qu'à ce qu'elle tait.

Ce qu'une bonne annonce contient : l'effectif réel de l'équipe médicale, l'organisation précise de la permanence des soins, le plateau technique disponible, le statut proposé, un contact médical nommé.

Ce que révèle une annonce silencieuse : quand ces éléments manquent, ce n'est généralement pas un oubli de rédaction. Un établissement qui ne parle pas de son effectif a souvent des postes vacants ; un établissement qui écrit « participation à la permanence des soins » sans autre précision a rarement une organisation confortable à annoncer.

Ce n'est pas rédhibitoire, beaucoup d'établissements rédigent mal leurs offres sans rien cacher. Mais ce sont les premières questions à poser. Notre article sur la fiche de poste médicale détaille ce qu'une annonce devrait contenir.

Les questions à poser, dans l'ordre

Sur l'équipe

Combien de praticiens, sur quels statuts, depuis combien de temps ? Y a-t-il des postes vacants, et depuis quand ? Qui est parti ces deux dernières années, et pourquoi ?

La dernière question renseigne sur la stabilité de l'équipe.

Sur la permanence des soins

Combien de lignes, couvertes par combien de praticiens ? Quelle fréquence concrètement pour ce poste ? Comment sont organisés les repos de sécurité ? Que se passe-t-il en cas d'absence d'un collègue ?

Demandez le planning réel des trois derniers mois, pas le planning théorique.

Sur les moyens

Plateau technique, capacité d'hospitalisation, délais d'accès à l'imagerie et au bloc, effectif paramédical, secrétariat. Ce sont des conditions de faisabilité de votre exercice.

Sur les perspectives

Quelle place dans le projet médical ? Quelle autonomie ? Peut-on développer une activité, accéder à la formation, participer à la recherche ?

Sur le statut et le calendrier

Quel statut est proposé, et quel échelon d'entrée votre parcours permet-il d'envisager ? Quel calendrier jusqu'à la prise de fonctions ? Les options sont détaillées dans le choix du statut.

Que peut-on négocier, et que faut-il préparer ?

Le classement à l'entrée. Pour un poste de praticien hospitalier, la grille s'applique à tous, et l'échelon d'entrée dépend des services antérieurs pris en compte, selon les règles que précise la note de classement du Centre national de gestion. Il ne se négocie pas, mais il se prépare : arrivez avec le détail de votre parcours et les attestations de chaque fonction, car un praticien qui ne déclare pas ses services antérieurs est classé au 1er échelon. Le sujet est développé dans la rémunération hospitalière.

La quotité de temps de travail. Temps plein, temps partiel, exercice partagé entre deux structures : beaucoup d'établissements acceptent des formules qu'ils ne proposent pas spontanément.

L'organisation du planning. Jours fixes, regroupement de l'activité, articulation avec une activité libérale ou de téléconsultation.

L'accompagnement à l'installation. Aide au logement, prise en charge des démarches, appui pour l'emploi du conjoint. Ces éléments ne figurent sur aucune grille et se demandent.

La date de prise de fonctions, souvent plus souple qu'annoncé quand le poste est ouvert depuis longtemps.

Les signaux à repérer

Quelques indices qui méritent une vigilance particulière :

  • une rotation forte de l'équipe médicale sur les dernières années ;
  • l'impossibilité d'échanger avec les praticiens en poste ;
  • des réponses évasives sur les effectifs ou la permanence des soins ;
  • un processus qui s'accélère anormalement, avec une pression à signer vite ;
  • des promesses orales qu'on refuse de préciser par écrit ;
  • un poste vacant depuis très longtemps sans explication convaincante.

Aucun de ces signaux n'est disqualifiant seul. Deux ou trois ensemble méritent d'y regarder de près.

Faut-il passer par un cabinet ?

Un cabinet de recrutement spécialisé apporte deux choses à un praticien : la confidentialité de la démarche, et un tiers dans la négociation, ce qui débloque parfois des situations qu'un échange direct fige.

La confidentialité mérite d'être soulignée : une candidature ne doit être transmise qu'avec votre accord explicite, poste par poste. C'est le principe que nous appliquons chez TalentCare Santé.

Après la décision

Respectez le préavis applicable à votre statut, et soignez votre départ. Le milieu médical est petit : votre chef de service actuel croisera votre futur chef de service en congrès. Un départ correct est un investissement, y compris pour le poste d'après.

Et une fois arrivé, les trois premiers mois comptent autant pour vous que pour l'établissement : voir intégrer un médecin.

Sources et références utiles

Questions fréquentes

Faut-il prévenir son établissement avant de chercher ?
Rien n'y oblige, et une recherche confidentielle est légitime. C'est d'ailleurs l'un des services qu'apporte un cabinet de recrutement : votre candidature n'est transmise qu'avec votre accord explicite. Prévenez une fois votre décision prise, en respectant le préavis applicable à votre statut.
Combien de temps prévoir pour changer de poste ?
Cela dépend surtout du statut visé. Un recrutement sur contrat peut aboutir en quelques semaines ; une nomination sur un poste de praticien hospitalier titulaire suit un calendrier national qui s'étale sur plusieurs mois. Interrogez l'établissement sur le calendrier dès le premier échange.
Peut-on négocier sa rémunération dans le public ?
Pour un poste de praticien hospitalier titulaire, pas la base : la grille s'applique à tous, et l'échelon d'entrée résulte du classement prononcé par le Centre national de gestion à partir des services antérieurs que le praticien déclare et justifie ; sans déclaration, le classement se fait au 1er échelon. Pour un praticien contractuel, la rémunération est fixée par le contrat, dans un cadre réglementaire. Dans les deux cas, ce qui se discute porte surtout sur la quotité, l'organisation du planning et de la permanence des soins, et l'accompagnement à l'installation.

Postes à pourvoir