Un praticien hospitalier à temps plein perçoit des émoluments bruts annuels de 55 607,79 € au 1er échelon à 112 416,56 € au 13e échelon, soit 4 633,98 € à 9 368,05 € bruts par mois, selon la grille applicable depuis le 1er juillet 2023, hors gardes, astreintes, primes et indemnités (note du Centre national de gestion). Cet article donne la grille échelon par échelon, puis tout ce qui s'y ajoute et qui, d'un poste à l'autre, fait l'essentiel de l'écart.
Combien gagne un praticien hospitalier ?
De 4 633,98 € à 9 368,05 € bruts par mois à temps plein, selon l'échelon. Les émoluments des praticiens hospitaliers sont fixés par l'annexe II de l'arrêté du 8 juillet 2022, modifiée par l'arrêté du 29 juin 2023. Les montants ci-dessous sont ceux du 1er juillet 2023, toujours en vigueur au 10 octobre 2026 selon la version consolidée publiée sur Légifrance. Ce sont des montants bruts pour un temps plein, hors permanence des soins, primes et indemnités ; pour un exercice à temps partiel, ils sont versés au prorata des obligations de service (article R. 6152-23 du code de la santé publique, cité par le Centre national de gestion). Montants et durées d'échelon sont ceux de la note de classement du Centre national de gestion.
| Échelon | Brut annuel | Brut mensuel | Durée de l'échelon |
|---|---|---|---|
| 1er | 55 607,79 € | 4 633,98 € | 2 ans |
| 2e | 58 082,41 € | 4 840,20 € | 2 ans |
| 3e | 62 148,07 € | 5 179,01 € | 2 ans |
| 4e | 66 567,09 € | 5 547,26 € | 2 ans |
| 5e | 68 688,21 € | 5 724,02 € | 2 ans |
| 6e | 71 162,83 € | 5 930,24 € | 2 ans |
| 7e | 76 465,74 € | 6 372,15 € | 2 ans |
| 8e | 79 647,54 € | 6 637,30 € | 2 ans |
| 9e | 90 549,14 € | 7 545,76 € | 4 ans |
| 10e | 94 557,64 € | 7 879,80 € | 4 ans |
| 11e | 99 810,26 € | 8 317,52 € | 4 ans |
| 12e | 105 062,89 € | 8 755,24 € | 4 ans |
| 13e | 112 416,56 € | 9 368,05 € | dernier échelon |
La grille ne dit pas tout. L'échelon d'entrée dépend des services antérieurs pris en compte, et la part variable décrite plus bas change nettement le revenu réel d'un poste à l'autre, à échelon identique.
Un établissement peut-il payer un praticien hospitalier au-dessus de la grille ?
Non, pas sur les émoluments de base : la grille est nationale, et à chaque échelon correspond un montant identique quel que soit l'établissement. Contrairement au secteur privé, la rémunération d'un praticien hospitalier titulaire ne se négocie pas de gré à gré.
Cette règle a deux conséquences pratiques souvent mal comprises.
L'échelon d'entrée ne se négocie pas non plus. Le classement d'un praticien nommé prend en compte ses services antérieurs selon des règles fixées par le code de la santé publique, et il est prononcé par arrêté du directeur général du Centre national de gestion. La note de classement du CNG précise ce qui compte : les fonctions de même nature exercées depuis le diplôme (clinicat, assistanat, remplacements en libéral, exercice en clinique ou en ESPIC), l'exercice libéral à compter de l'installation, dans la limite de vingt années, aux deux tiers pour les douze premières et au tiers pour les huit suivantes. Les années de formation, l'internat et les gardes ne sont pas pris en compte. Un praticien qui ne déclare pas ses services antérieurs est classé au 1er échelon : le vrai travail, au recrutement, est de réunir les attestations de chaque fonction antérieure.
La comparaison entre établissements se joue ailleurs. À échelon identique, ce qui distingue deux postes est le volume de permanence des soins, la composition de l'équipe, le plateau technique et la charge réelle, pas le montant de base. Ce qui se discute porte sur la quotité de temps de travail, l'organisation du planning, l'accès à une activité d'intérêt général et les conditions matérielles d'installation.
Qu'est-ce qui s'ajoute à la grille ?
La permanence des soins, l'activité d'intérêt général, l'éventuelle activité libérale à l'hôpital, les primes et les indemnités. Chacune obéit à ses propres règles.
Les émoluments de base
C'est la part fixe de la rémunération. Elle progresse par échelons, à l'ancienneté, selon les durées du tableau ci-dessus. Lors d'un recrutement, la question déterminante est celle des services antérieurs pris en compte au classement, qui fixent l'échelon d'entrée et engagent toute la carrière ultérieure.
La permanence des soins
Gardes sur place et astreintes à domicile sont rémunérées selon des modalités propres, distinctes des émoluments. Leur poids dans le revenu total dépend entièrement de l'organisation du service : le nombre de lignes, la taille de l'équipe qui les couvre et la fréquence des déplacements en astreinte.
C'est là que deux postes au même échelon peuvent nettement différer. Un praticien qui assure une garde par semaine et un praticien qui en assure une par mois ne perçoivent pas la même chose. Un candidat qui compare deux offres doit demander le nombre de lignes et l'effectif qui les couvre, pas la seule mention « permanence des soins assurée ».
L'activité d'intérêt général
Un praticien hospitalier peut consacrer une part de ses obligations de service à des activités d'intérêt général extérieures à son établissement : soins, enseignement, recherche, missions de conseil ou d'appui auprès d'administrations publiques. Elles peuvent donner lieu à rémunération et sont soumises à l'autorisation motivée du directeur, rappelle l'instruction de la DGOS du 28 février 2022.
L'activité libérale à l'hôpital
Sous conditions, un praticien hospitalier peut exercer une activité libérale au sein même de l'hôpital, dans le cadre de ses obligations de service (article L. 6154-1 du code de la santé publique). Depuis l'ordonnance du 17 mars 2021, les praticiens à 80 % ou 90 % peuvent y prétendre à hauteur d'une demi-journée par semaine, selon la même instruction de la DGOS. L'activité passe par un contrat d'activité libérale ; elle modifie sensiblement le revenu, mais ne concerne pas tous les postes ni toutes les spécialités.
Les primes et indemnités
Le Centre national de gestion en tient la liste pour le statut de praticien hospitalier : indemnité d'engagement de service public exclusif (IESPE), prime d'engagement de carrière hospitalière (PECH), indemnité d'activité sectorielle et de liaison, part complémentaire variable, prime de solidarité territoriale, prime d'exercice territorial et prime d'intéressement collectif. La PECH, par exemple, est versée aux praticiens contractuels et aux assistants spécialistes qui s'engagent à passer le concours national de praticien hospitalier et à exercer au moins trois ans comme praticien hospitalier dans une spécialité en tension. Les conditions de chaque dispositif se vérifient au cas par cas, auprès de la direction des affaires médicales.
Salaire hospitalier ou revenu libéral : comment comparer ?
En retraitant les montants avant de les rapprocher : un revenu libéral brut ne se compare pas à un salaire brut.
| Hospitalier public | Salarié du privé | Libéral | |
|---|---|---|---|
| Base de rémunération | Grille nationale par échelon | Contrat de travail négocié | Honoraires, déduction faite des charges |
| Prévisibilité | Élevée | Élevée | Variable selon l'activité |
| Protection sociale | Statut du code de la santé publique, retraite complémentaire IRCANTEC | Régime général | Régime des professions libérales |
| Charges à la charge du praticien | Non | Non | Oui, locaux, personnel, cotisations |
| Marge de négociation | Quotité, organisation, permanence des soins | Rémunération globale | Sans objet |
Le statut de praticien hospitalier est codifié dans le code de la santé publique (articles R. 6152-1 à R. 6152-98), comme le rappelle l'instruction de la DGOS du 28 février 2022 relative à ce statut. Pour la retraite complémentaire, les praticiens hospitaliers statutaires sont affiliés à l'IRCANTEC, l'institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'État et des collectivités publiques, comme l'indique une réponse ministérielle publiée le 30 juin 2009.
Un revenu libéral brut se lit après déduction des charges professionnelles et des cotisations sociales. À l'inverse, un salaire hospitalier intègre une protection sociale et une retraite dont le coût n'apparaît pas sur la fiche de paie.
Le choix entre ces modes d'exercice dépasse largement la question du montant : nous le traitons dans notre article sur le choix du statut.
Que peut-on négocier lors d'un recrutement ?
L'organisation du poste, plus que la rémunération de base. Pour un établissement comme pour un candidat, la discussion porte utilement sur les points suivants :
- Le classement à l'entrée, qui ne se négocie pas mais se prépare : réunir les attestations de chaque fonction antérieure évite un classement au 1er échelon par défaut.
- La quotité de temps de travail : depuis la réforme de 2022, elle est comprise entre cinq et dix demi-journées par semaine, selon l'instruction de la DGOS, et la possibilité d'un exercice partagé se discute.
- L'organisation de la permanence des soins : nombre de lignes, effectif, modalités de récupération.
- L'accès à une activité d'intérêt général ou à une activité de recherche.
- L'accompagnement à l'installation : aide au logement, prise en charge des démarches, accompagnement du conjoint.
Les points 3 à 5 ne figurent pas sur une grille et font pourtant, très souvent, la différence entre deux offres.
Comment présenter la rémunération dans une offre ?
En donnant le statut, l'échelon envisageable compte tenu du parcours, l'organisation réelle de la permanence des soins et ce que l'établissement propose au-delà. Annoncer « rémunération selon grille » n'informe personne et donne l'impression d'un poste standard.
Cette transparence a un effet secondaire utile : elle écarte en amont les candidats dont les attentes ne correspondent pas, et évite des processus qui échouent au dernier moment. Le sujet rejoint celui de la marque employeur.
Sources et références utiles
- Centre national de gestion, note de classement des praticiens hospitaliers, juillet 2023 : grille des émoluments bruts annuels et mensuels depuis le 1er juillet 2023, durée des échelons.
- Centre national de gestion, note de classement 2024-2025 : services antérieurs pris en compte au classement des praticiens primo-nommés.
- Centre national de gestion, « Émoluments, indemnités, primes et allocations » : article R. 6152-23 du code de la santé publique et liste des primes du statut.
- Arrêté du 8 juillet 2022, version consolidée : émoluments, rémunérations et indemnités des personnels médicaux des établissements publics de santé.
- Instruction DGOS/RH5/2022/58 du 28 février 2022 : statut unique de praticien hospitalier, codification et quotité d'exercice.
- Assemblée nationale, question écrite n° 44097, réponse publiée le 30 juin 2009 : affiliation des praticiens hospitaliers statutaires à l'IRCANTEC.
Questions fréquentes
- Quel est le salaire d'un médecin hospitalier en début de carrière ?
- Un praticien hospitalier classé au 1er échelon perçoit 55 607,79 € bruts par an à temps plein, soit 4 633,98 € bruts par mois, selon la grille applicable depuis le 1er juillet 2023 publiée par le Centre national de gestion. S'y ajoutent les gardes, les astreintes, les primes et les indemnités. Un praticien qui a déjà exercé peut être classé plus haut : l'échelon d'entrée dépend des services antérieurs pris en compte.
- Le salaire d'un praticien hospitalier se négocie-t-il ?
- Pas les émoluments de base. La grille est nationale, et l'échelon d'entrée résulte du classement prononcé par arrêté du directeur général du Centre national de gestion, à partir des services antérieurs justifiés. Ce qui se discute au recrutement porte sur la quotité de temps de travail, l'organisation de la permanence des soins, l'activité d'intérêt général et l'accompagnement à l'installation.
- Les gardes sont-elles comprises dans la grille ?
- Non. Les montants de la grille s'entendent hors permanence des soins, primes et indemnités. Gardes sur place et astreintes sont rémunérées à part, et leur poids dans le revenu dépend de l'organisation du service : nombre de lignes, effectif qui les couvre, fréquence des déplacements en astreinte.