TalentCare Santé
Recrutement médical

Fiche de poste médicale : ce qu'elle doit contenir

Par TalentCare Santé, cabinet de recrutement médical et paramédical

4 min de lectureMis à jour le

Quand un poste médical reste vacant, la première pièce à relire est la fiche de poste, en se demandant si elle dit ce que le praticien cherche à savoir.

L'exercice paraît administratif ; il est en réalité commercial. Le document s'adresse à des professionnels qui reçoivent des sollicitations régulières et qui décident en quelques secondes s'ils lisent la suite.

L'erreur de départ : décrire les missions

Le réflexe est d'ouvrir la fiche de poste par une liste de missions : assurer les consultations, participer à la permanence des soins, encadrer les internes, participer aux réunions de service.

Un médecin sait ce que fait un médecin. Ces lignes ne l'informent de rien et lui signalent surtout que le document a été rédigé par quelqu'un qui ne connaît pas son métier, ou qui a recopié un modèle.

Ce qu'il ignore, en revanche, et qu'il cherche : dans quelles conditions concrètes ces missions s'exercent chez vous plutôt qu'ailleurs.

Les quatre informations décisives

L'équipe réelle

Combien de praticiens composent l'équipe médicale, sur quels statuts, depuis combien de temps. Y a-t-il des postes vacants ? Depuis quand ? L'effectif paramédical est-il complet ?

Un candidat qui rejoint une équipe amputée de deux postes depuis un an sait qu'il absorbera cette charge. Le lui dire d'emblée est une marque de sérieux ; le lui laisser découvrir garantit un départ.

La permanence des soins

Combien de lignes de garde et d'astreinte ? Combien de praticiens les couvrent ? Quelle fréquence cela représente-t-il concrètement pour le poste proposé ? Comment sont organisées les récupérations ? Que se passe-t-il quand un collègue est absent ?

« Participation à la permanence des soins » ne veut rien dire. « Une garde sur place toutes les trois semaines, ligne couverte par six praticiens, repos de sécurité systématique » veut tout dire.

Le plateau technique

Équipements disponibles, capacité d'hospitalisation, accès au bloc, délais d'imagerie, avis spécialisés mobilisables sur place. Pour beaucoup de spécialités, c'est une question de faisabilité de l'exercice, pas de confort.

Le statut proposé

Praticien hospitalier titulaire, contractuel, assistant, exercice libéral ou mixte : c'est le premier filtre appliqué par le candidat. Le préciser d'emblée évite des échanges qui n'aboutiront pas, et signale que la question a été tranchée en interne. Les options sont détaillées dans notre article sur le choix du statut.

Ce qui se joue en dehors du service

Sur un poste hors des grandes métropoles, la décision tient aussi à ce qui entoure le travail.

Accessibilité du territoire, aide au logement, emploi du conjoint, scolarisation des enfants, délais pour trouver un médecin traitant sur place. Un établissement qui a anticipé ces sujets et le dit se distingue immédiatement d'un établissement qui les découvre au moment de la négociation.

La structure qui fonctionne

  1. Le poste en une phrase : spécialité, statut, quotité, territoire.
  2. L'équipe et le service : composition, effectifs, projets en cours.
  3. L'organisation du travail : répartition de l'activité, permanence des soins, planning type.
  4. Le plateau technique et l'environnement : équipements, capacités, partenariats.
  5. Ce que le poste offre : autonomie, perspectives, formation, recherche.
  6. Les conditions matérielles : rémunération et statut, accompagnement à l'installation.
  7. Le contact : une personne nommée, médecin de préférence, joignable.

Ce dernier point mérite d'être souligné. Une adresse générique de service RH décourage les candidatures spontanées de praticiens en poste, qui souhaitent un premier échange discret et entre pairs.

Trois formulations à bannir

« Établissement dynamique ». Aucun établissement ne se décrit comme immobile. La formule n'apporte aucune information et signale un texte générique.

« Vous rejoindrez une équipe soudée ». Non vérifiable, et systématiquement démenti si l'équipe ne l'est pas. Décrivez plutôt sa composition et son ancienneté : le lecteur conclura lui-même.

« Rémunération selon profil et expérience ». Dans le public, elle découle d'une grille ; dans le privé, cette formule signale surtout qu'on n'a pas envie d'en parler. Voir à ce sujet la rémunération hospitalière.

Une fiche de poste n'est qu'un début

Même excellente, une fiche de poste ne suffit pas sur les spécialités en tension : les praticiens visés sont en poste et ne consultent aucune annonce. Elle reste indispensable (c'est le document que vous enverrez après un premier contact, celui qui circulera dans un réseau) mais elle s'inscrit dans une démarche plus large, décrite dans notre guide du recrutement médical.

Sources et références utiles

Questions fréquentes

Faut-il indiquer la rémunération dans une fiche de poste médicale ?
Dans le public, la rémunération de base découle d'une grille nationale : l'indiquer n'apporte rien, mais préciser le statut et l'échelon envisageable compte tenu du parcours est utile. Dans le privé, où elle se négocie, donner une fourchette évite des processus qui échouent au dernier moment sur ce point.
Quelle longueur pour une fiche de poste médicale ?
Assez longue pour répondre aux questions qu'un praticien se pose, assez courte pour être lue. En pratique, une page dense vaut mieux que trois pages de généralités. Le critère n'est pas le nombre de signes mais la proportion d'informations que le candidat ne pouvait pas deviner.
Faut-il mentionner les difficultés du poste ?
Oui. Un praticien qui découvre une contrainte après sa prise de fonctions part dans l'année ; celui qui l'a acceptée en connaissance de cause reste. Taire une ligne de garde lourde ne fait que déplacer le problème de trois mois.

Postes à pourvoir