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Spécialités médicales

Recruter un anesthésiste-réanimateur

Par TalentCare Santé, cabinet de recrutement médical et paramédical

7 min de lectureMis à jour le

Pour recruter un anesthésiste-réanimateur, un établissement doit d'abord rendre lisible ce que le praticien compare : l'organisation de la permanence des soins, l'effectif d'infirmiers anesthésistes et le contenu de l'activité. Il doit ensuite aller le chercher par approche directe, car les praticiens visés sont en poste et ne lisent pas les annonces. En clinique privée, où l'anesthésiste exerce souvent au sein d'un groupe libéral, la démarche passe en plus par l'accord de ce groupe.

La tension est documentée. Au 1er janvier 2021, 40,5 % des postes de praticien hospitalier à temps plein en anesthésie-réanimation n'étaient pas occupés par un praticien hospitalier statutaire, contre 31,6 % toutes disciplines confondues, selon le bilan statistique du Centre national de gestion. Un poste tenu par un praticien contractuel y figure comme vacant : le CNG précise que ce taux de vacance statutaire n'est pas un taux de vacance réel. La spécialité figure aussi, avec la radiologie et la psychiatrie, parmi celles qu'un arrêté du 23 janvier 2024 retient comme présentant des difficultés importantes de recrutement dans les établissements publics de santé, et rend à ce titre éligibles à la prime d'engagement de carrière hospitalière, comme le rappelle le Centre national de gestion.

Que regarde un anesthésiste avant d'accepter un poste ?

La permanence des soins, l'effectif d'infirmiers anesthésistes et le plateau technique. Les leviers habituels, à commencer par la seule annonce, fonctionnent mal sur cette spécialité : il faut savoir répondre précisément sur ces trois points.

L'organisation de la permanence des soins

Un praticien compare des lignes de garde avant de comparer des montants.

Les questions qu'il pose, et auxquelles il faut savoir répondre précisément : combien de lignes de garde et d'astreinte, couvertes par combien de praticiens, avec quelle fréquence concrète pour le poste proposé ? Le repos de sécurité est-il systématiquement appliqué ? Que se passe-t-il quand un collègue est absent, en congé ou en arrêt ?

Un service à quatre praticiens et un service à huit ne proposent pas le même métier, même à grille identique. Une équipe amputée fait porter la charge sur ceux qui restent, et cela se sait dans la spécialité.

L'effectif d'infirmiers anesthésistes

C'est un point que les directions sous-estiment. L'organisation du bloc repose sur le binôme entre le médecin anesthésiste-réanimateur et l'infirmier anesthésiste.

Un bloc dont l'effectif d'IADE est incomplet propose de fait un poste médical dégradé : programmes déprogrammés, salles fermées, charge reportée. Un candidat le perçoit en une visite.

La conséquence pratique est nette : recruter un anesthésiste suppose souvent de recruter d'abord des IADE. Les deux sujets sont liés, et les traiter séparément explique une partie des échecs. Nous détaillons le second marché dans notre article sur le recrutement infirmier.

Le plateau technique et le type d'activité

Nombre de salles, spécialités chirurgicales couvertes, existence d'une réanimation, activité obstétricale, part d'ambulatoire. Ces éléments déterminent le contenu réel du métier, et pas seulement son volume.

Un praticien qui souhaite maintenir une pratique de réanimation ne se contentera pas d'un poste exclusivement au bloc. À l'inverse, un praticien qui cherche une activité réglée et prévisible évitera un service à forte activité non programmée.

Pourquoi les cliniques concurrencent-elles l'hôpital public sur cette spécialité ?

Parce qu'elles proposent fréquemment une activité plus réglée, une part d'ambulatoire élevée, une permanence des soins moins lourde et une autonomie d'organisation supérieure. Pour un praticien en milieu de carrière, ces éléments pèsent lourd.

Un établissement public qui recrute sur cette spécialité doit donc identifier ce qu'il apporte que le privé n'apporte pas : diversité de la pratique, activité de réanimation, encadrement d'internes, participation à un projet médical de territoire, recherche. Ces arguments existent, mais ils ne se devinent pas : ils se disent.

Comment recruter un anesthésiste pour le bloc d'une clinique privée ?

En s'accordant d'abord avec le groupe d'anesthésistes déjà installé. En clinique, l'anesthésiste exerce souvent en libéral, au sein d'un groupe lié à l'établissement par un contrat d'exercice : recruter pour son bloc revient alors à faire entrer un nouvel associé ou un collaborateur dans ce groupe. Les anesthésistes en place ont leur mot à dire, et une direction qui lance la recherche sans eux prépare un refus au dernier moment.

La démarche qui fonctionne suit cet ordre :

  1. S'accorder avec le groupe sur le profil, le temps d'activité visé et les conditions d'entrée, avant tout contact avec un candidat.
  2. Décrire le poste tel qu'il est : nombre de salles, programme opératoire et sa régularité, spécialités chirurgicales, ambulatoire, salle de surveillance post-interventionnelle, organisation des gardes et astreintes.
  3. Montrer l'effectif d'IADE et de bloc, qui dépend de la clinique et non du groupe. C'est l'argument que la direction maîtrise directement.
  4. Rendre lisible le cadre financier : répartition de l'activité dans le groupe et redevances dues à l'établissement. Un candidat libéral les examine avant de se déplacer.

Certains établissements privés, notamment à but non lucratif, salarient leurs anesthésistes. Le cadre de discussion est alors celui d'un contrat de travail, mais les critères du praticien restent ceux décrits plus haut : permanence des soins, équipe d'IADE, contenu de l'activité.

Qu'est-ce qui débloque un poste d'anesthésiste ?

Recruter en binôme avec des IADE, ouvrir les modalités d'exercice, dire les contraintes, passer par l'approche directe et accueillir des internes.

Recruter en binôme. Ouvrir simultanément un poste médical et un ou deux postes d'IADE change la proposition. Le praticien ne rejoint pas une équipe incomplète, il rejoint un renfort.

Ouvrir les modalités d'exercice. Temps partiel, exercice partagé entre deux établissements d'un même territoire, poste combinant bloc et réanimation. Chaque rigidité retirée élargit le vivier. À l'hôpital public, le statut de praticien hospitalier admet une quotité de cinq à dix demi-journées par semaine, selon l'instruction de la DGOS du 28 février 2022.

Dire les contraintes. Une permanence des soins lourde annoncée franchement, avec ce qui la compense, retient mieux qu'une formule vague découverte après l'arrivée. Un praticien qui accepte une contrainte connue reste ; celui qui la découvre part.

Passer par l'approche directe. Sur cette spécialité, les praticiens visés sont en poste et ne consultent aucune annonce. Les atteindre suppose de les identifier nommément et de les contacter individuellement, dans la confidentialité. C'est un travail de prospection que les équipes internes ont rarement le temps de mener.

Accueillir des internes. Un interne bien encadré en anesthésie devient un candidat naturel quelques années plus tard. C'est un levier lent, mais durable.

Qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?

Publier une annonce et attendre. Sur cette spécialité, le silence n'indique pas que le marché est vide : il indique que les candidats ne lisent pas les annonces.

Miser sur l'intérim pour tenir dans la durée. L'encadrement des rémunérations a fermé cette option, et elle ne construisait de toute façon aucune stabilité : voir ce que la loi encadre en matière d'intérim médical.

Compter sur la seule rémunération. Pour un praticien hospitalier, elle découle d'une grille nationale et ne se surenchérit pas, et l'échelon d'entrée résulte du classement des services antérieurs. Ce qui se discute utilement, c'est la quotité, l'organisation de la permanence des soins et les conditions d'installation. Voir la rémunération hospitalière.

Quel cabinet pour recruter un anesthésiste-réanimateur ?

Un cabinet spécialisé en santé, capable d'approche directe : sur cette spécialité, son travail consiste à identifier les praticiens susceptibles de bouger, à les contacter individuellement et confidentiellement, et à présenter un poste déjà cadré. Il ne remplace ni l'accord du groupe en place ni la visite du bloc, qui restent décisifs.

TalentCare Santé, qui publie cet article, est un cabinet de recrutement médical et paramédical : il recrute par approche directe, partout en France. Pour un établissement, l'essentiel est de préparer les éléments ci-dessus avant le premier échange. Notre manière de travailler est décrite sur la page recruter un praticien, et vous pouvez nous décrire votre poste depuis le formulaire de contact.

Sources et références utiles

Questions fréquentes

Pourquoi les postes d'anesthésiste sont-ils difficiles à pourvoir ?
Le Centre national de gestion relevait au 1er janvier 2021 un taux de vacance statutaire de 40,5 % sur les postes de praticien hospitalier à temps plein en anesthésie-réanimation, contre 31,6 % toutes disciplines confondues, et la spécialité figure parmi les trois retenues en 2024 comme présentant des difficultés importantes de recrutement à l'hôpital public. Les praticiens visés sont en poste : publier une annonce produit peu, et le recrutement passe par l'approche directe.
Comment recruter un anesthésiste pour le bloc d'une clinique privée ?
En s'accordant d'abord avec le groupe d'anesthésistes déjà installé sur le profil, le temps d'activité et les conditions d'entrée, avant tout contact avec un candidat. Il faut ensuite décrire le poste tel qu'il est (salles, programme opératoire, spécialités, ambulatoire, salle de surveillance post-interventionnelle, gardes et astreintes), montrer l'effectif d'IADE et de bloc, qui dépend de la clinique, et rendre lisible le cadre financier : répartition de l'activité dans le groupe et redevances dues à l'établissement.
Quel cabinet pour recruter un anesthésiste ?
Un cabinet spécialisé en recrutement médical, qui pratique l'approche directe et sait présenter un poste déjà cadré : permanence des soins, effectif d'IADE, cadre d'exercice. TalentCare Santé, qui publie cet article, est un cabinet de recrutement médical et paramédical qui recrute par approche directe, partout en France. Un cabinet ne remplace ni l'accord du groupe en place ni la visite du bloc, qui restent décisifs.
Un anesthésiste peut-il exercer sans infirmier anesthésiste ?
L'organisation d'un bloc repose sur le binôme entre médecin anesthésiste-réanimateur et infirmier anesthésiste. Un établissement dont l'effectif d'IADE est incomplet propose de fait un poste médical dégradé, et les candidats le perçoivent immédiatement.
Faut-il proposer du temps partiel en anesthésie ?
C'est un levier réel. Une part des praticiens cherche à réduire son activité sans l'arrêter, notamment en seconde partie de carrière, et un poste exclusivement à temps plein écarte ces profils. À l'hôpital public, le statut de praticien hospitalier admet depuis 2022 une quotité de cinq à dix demi-journées par semaine, selon l'instruction de la DGOS du 28 février 2022.

Postes à pourvoir