TalentCare Santé

Fiche métier

Sage-femme échographiste

Par TalentCare Santé, cabinet de recrutement médical et paramédical

Mis à jour le

La sage-femme échographiste est une sage-femme qui réalise les échographies obstétricales et fœtales de dépistage pendant la grossesse. Si elle a commencé cette activité en 2011 ou après, elle doit être titulaire du diplôme interuniversitaire (DIU) d'échographie en gynécologie-obstétrique. Elle ne réalise pas d'échographie à visée diagnostique, sauf échographie focalisée sur prescription médicale (arrêté du 20 avril 2018).

L'examen se fait en autonomie : la sage-femme le réalise, en interprète les résultats, les explique à la patiente et lui remet le compte rendu.

Qu'est-ce qu'une sage-femme échographiste ?

C'est une sage-femme diplômée d'État qui a suivi une formation complémentaire en échographie et qui réalise les examens de suivi de la grossesse.

Son périmètre couvre les échographies dites de première intention, que la Haute Autorité de santé recommande, si la femme enceinte le souhaite, à raison d'une par trimestre, selon l'annexe II de l'arrêté du 20 avril 2018 :

L'échographie du premier trimestre, entre 11 et 13 semaines et 6 jours d'aménorrhée : datation de la grossesse, identification des grossesses multiples, première étude morphologique et, si la patiente le souhaite, contribution à l'évaluation du risque d'anomalie chromosomique par la mesure de la clarté nucale.

L'échographie du deuxième trimestre, entre 20 et 24 semaines et 6 jours : étude morphologique et biométrique du fœtus, localisation du placenta, quantité de liquide amniotique.

L'échographie du troisième trimestre, entre 30 et 34 semaines et 6 jours : mêmes objectifs, auxquels s'ajoute la présentation du fœtus.

Les échographies focalisées, sur prescription médicale, pour surveiller une pathologie fœtale déjà identifiée.

Les échographies pelviennes gynécologiques, selon la formation suivie.

Les mesures du premier trimestre qui servent au calcul de risque de trisomie 21 exigent un identifiant spécifique, délivré à l'échographiste par le réseau de santé en périnatalité dont il relève.

Dès qu'une anomalie est suspectée, la sage-femme en informe le praticien qui suit la grossesse et oriente la patiente, si elle le souhaite, vers un médecin échographiste qui réalise les examens à visée diagnostique ou vers un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. Cette frontière structure l'exercice, exactement comme la frontière physiologie-pathologie structure le métier de sage-femme.

Quel diplôme faut-il pour faire des échographies quand on est sage-femme ?

Le diplôme interuniversitaire d'échographie en gynécologie-obstétrique, en plus du diplôme d'État, pour toute sage-femme qui a commencé l'échographie prénatale à partir de 2011 (arrêté du 20 avril 2018). Celles qui l'ont commencée entre 1997 et 2011 peuvent exercer avec l'attestation en échographie obstétricale afférente à ce DIU, ou avec un diplôme universitaire (DU) d'échographie en gynécologie-obstétrique.

Le socle est le diplôme d'État. Depuis la réforme qui s'applique aux étudiants entrés en école à partir de la rentrée 2024, c'est le diplôme d'État de docteur en maïeutique, en six ans après le baccalauréat ; les sages-femmes formées auparavant ont un diplôme d'État de sage-femme, à bac + 5 (Onisep). L'inscription à l'Ordre des sages-femmes est obligatoire.

Le DIU se prépare ensuite, en parallèle de l'exercice. Il comporte un enseignement théorique et un volume d'examens réalisés sous supervision.

La validation des acquis pratiques demande du temps. Les critères de qualité des clichés de dépistage sont précis, et l'obtention de clichés conformes de façon reproductible demande un volume d'examens considérable.

La formation continue est recommandée par l'arrêté, tout comme une activité régulière et suffisante pour garantir la qualité et la sécurité des pratiques : les recommandations de dépistage évoluent, et la qualité des mesures se maintient par la pratique.

Les missions au quotidien

La réalisation des examens, en autonomie, avec l'obtention des coupes de référence et des mesures normalisées.

L'interprétation et la rédaction du compte rendu, avec les clichés qui documentent l'examen.

L'annonce des résultats à la patiente, moment particulier de l'exercice : l'échographie de grossesse est attendue avec émotion, et l'examen se déroule sous le regard des parents.

L'orientation vers un échographiste spécialisé ou un centre de diagnostic prénatal en cas de doute ou d'anomalie, selon un circuit qui doit être écrit et connu.

Le suivi de grossesse proprement dit, pour les praticiennes qui conservent une activité de consultation en parallèle.

Où et comment on exerce

En centre d'imagerie spécialisé en gynécologie obstétrique, avec un plateau dédié, un secrétariat et un flux de patientes important.

En maternité, publique ou privée, au sein de l'équipe d'échographie.

En cabinet libéral, en combinant échographie et suivi de grossesse.

En exercice mixte, quelques vacations d'échographie complétant une activité de sage-femme, formule fréquente.

L'absence de garde et d'astreinte dans les postes d'échographie en centre est un attrait du profil, par contraste avec l'exercice en salle de naissance.

Compétences et qualités

La rigueur des mesures. Le dépistage repose sur des mesures normalisées, et une mesure hors critères fausse le calcul de risque. C'est la compétence centrale du métier.

La systématique d'examen, seule protection contre l'oubli d'une structure à explorer.

La capacité à gérer l'incertitude devant les parents, dans un examen où tout silence est interprété. Savoir dire qu'on vérifie sans alarmer est une compétence à part entière.

L'endurance, les examens s'enchaînant avec une concentration soutenue et une posture physique contraignante.

Évolutions et perspectives

L'extension du périmètre vers l'échographie gynécologique et la pelvienne, par modules complémentaires.

La médecine fœtale, en travaillant aux côtés des référents, pour les praticiennes qui souhaitent aller vers les cas complexes.

La formation des étudiantes et des consœurs dans le cadre des diplômes universitaires.

La coordination d'un plateau d'échographie, avec une dimension organisationnelle.

Le retour à un exercice mixte, salle de naissance et échographie, reste possible à tout moment et permet d'éviter la lassitude de l'examen répété.

Comment la sage-femme échographiste est-elle rémunérée ?

Selon son statut : grille ou convention collective en salariat, actes cotés en libéral, forfait en vacations.

En salariat, la rémunération relève de la convention collective applicable au centre ou de la grille de la fonction publique hospitalière. La reprise d'ancienneté est un point à négocier explicitement.

En libéral, le revenu provient des actes cotés à la nomenclature, dont se déduisent les charges. L'échographe est le poste d'investissement principal, et sa qualité conditionne directement celle des examens.

En vacations, formule fréquente, la rémunération est généralement forfaitaire par demi-journée.

Trois éléments distinguent réellement deux postes, et aucun n'apparaît dans une annonce standard. Le temps alloué par examen : un dépistage du premier trimestre correctement mené ne tient pas dans le créneau d'une échographie de croissance, et une structure qui applique la même durée à tout se repère immédiatement. Le degré d'autonomie sur le compte rendu et sa signature. Et le circuit de recours en cas d'image douteuse : vers qui, dans quel délai, selon quelle procédure écrite.

Sources

Questions fréquentes

Une sage-femme peut-elle faire des échographies ?
Oui. Les sages-femmes réalisent, comme les médecins, les échographies obstétricales et fœtales de dépistage pendant la grossesse. Elles ne réalisent pas d'échographie à visée diagnostique, sauf, sur prescription médicale, des échographies focalisées pour surveiller une pathologie fœtale déjà identifiée, selon l'arrêté du 20 avril 2018.
Quel diplôme faut-il pour pratiquer l'échographie comme sage-femme ?
Le diplôme interuniversitaire (DIU) d'échographie en gynécologie-obstétrique, pour toute sage-femme qui a commencé l'échographie prénatale à partir de 2011. Celles qui l'ont commencée entre 1997 et 2011 peuvent exercer avec l'attestation en échographie obstétricale afférente à ce DIU ou avec un diplôme universitaire d'échographie en gynécologie-obstétrique. Ces règles sont fixées par l'arrêté du 20 avril 2018.
Que fait la sage-femme échographiste si elle suspecte une anomalie ?
Elle en informe le médecin ou la sage-femme qui suit la grossesse et, en accord avec la patiente, l'oriente vers un échographiste qui réalise les échographies à visée diagnostique ou vers un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). Dans une structure, ce circuit de recours doit être écrit et connu de tous.

Postes de sage-femme échographiste à pourvoir