Le médecin échographiste réalise et interprète des examens par ultrasons. Ce
n'est pas une spécialité médicale à part entière : c'est une compétence
technique qui vient s'ajouter à une spécialité d'origine, par une formation
complémentaire comme le diplôme interuniversitaire (DIU) d'échographie.
Cette nuance explique la diversité des profils, et beaucoup de malentendus au
moment du recrutement.
C'est un médecin, quelle que soit sa spécialité d'origine, qui pratique
l'échographie à titre principal. L'échographie est une technique d'imagerie
utilisant les ultrasons, sans rayonnement ionisant, réalisée en temps réel par
le praticien lui-même. C'est cette dernière caractéristique qui la distingue
des autres imageries : la qualité de l'examen dépend autant de l'opérateur que
de l'appareil.
Plusieurs profils exercent l'échographie.
Les radiologues la pratiquent dans le cadre de leur diplôme d'études
spécialisées. Pour l'échographie obstétricale, un titre de plus peut leur être
demandé s'ils ne l'ont pas apprise pendant l'internat (voir plus bas).
Les spécialistes d'organe l'exercent dans leur champ : cardiologues pour le
cœur, gynécologues pour la sphère pelvienne, rhumatologues pour
l'ostéoarticulaire, néphrologues pour le rein.
Les médecins titulaires d'un diplôme interuniversitaire d'échographie,
souvent venus de la médecine générale, exercent l'échographie générale dans le
périmètre que leur formation couvre.
C'est ce dernier profil que recherchent les centres médicaux, et c'est celui
dont le périmètre doit être cadré précisément.
Cela dépend de sa spécialité, et c'est l'arrêté du 20 avril
2018 qui le fixe
pour tout praticien ayant commencé l'échographie prénatale à partir de 1997.
Seuls les médecins et les sages-femmes réalisent des échographies obstétricales
et fœtales.
Le gynécologue-obstétricien doit être titulaire du diplôme
interuniversitaire d'échographie en gynécologie-obstétrique.
Le radiologue doit être titulaire de ce même DIU, ou avoir validé le module
optionnel de gynécologie-obstétrique du DIU d'échographie générale. Le
radiologue qui a acquis ces compétences pendant son internat, dans la maquette
du DES qui les intègre depuis la rentrée universitaire 2017, remplit aussi la
condition.
Les médecins d'une autre spécialité doivent avoir validé le DIU
d'échographie générale et son module optionnel de gynécologie-obstétrique.
Deux règles complètent ce socle. Les échographies à visée diagnostique,
proposées quand une anomalie est suspectée, sont réalisées par des médecins
expérimentés, membres d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal
(CPDPN) ou en relation étroite avec un ou plusieurs CPDPN. Et les mesures du
premier trimestre qui servent au calcul de risque de trisomie 21 exigent un
identifiant spécifique, délivré par le réseau de santé en périnatalité.
Par un diplôme interuniversitaire, après le doctorat en médecine, puis par la
pratique.
Le socle est le doctorat en médecine, soit dix à douze ans d'études après le
baccalauréat selon
l'Onisep,
et l'inscription au tableau de l'Ordre.
Le diplôme interuniversitaire d'échographie générale se prépare en
parallèle de l'exercice, et comporte des modules par appareil : abdominal,
gynécologique, obstétrical, vasculaire, ostéoarticulaire, thyroïdien.
Le point déterminant tient là : le diplôme est modulaire. Un praticien
titulaire du module abdominal et pelvien n'est pas formé à l'échographie
ostéoarticulaire. Le diplôme ouvre l'exercice, il n'ouvre pas toutes les
indications.
La formation pratique s'acquiert ensuite par compagnonnage et par volume.
L'échographie est une technique où l'expérience se mesure en nombre d'examens
réalisés, pas en années d'ancienneté.
La réalisation de l'examen, qui suppose une adaptation permanente : choix
de la sonde, réglages, recherche des coupes de référence, manœuvres dynamiques.
L'interprétation en temps réel, puisque contrairement au scanner ou à
l'IRM, il n'y a pas d'acquisition à relire ensuite : ce qui n'a pas été vu
pendant l'examen n'existe pas.
La rédaction du compte rendu, qui est l'acte médical engageant la
responsabilité.
L'orientation vers un examen complémentaire ou vers un confrère lorsque la
question dépasse le périmètre de compétence.
La coordination avec les médecins adresseurs, dont la qualité des demandes
conditionne largement la pertinence des examens.
En centre médical, en centre d'imagerie, en cabinet ou en établissement.
En centre médical, avec un plateau dédié et une patientèle adressée par les
praticiens du secteur.
En centre d'imagerie, aux côtés des radiologues, avec une répartition des
examens définie par le centre.
En cabinet, en complément d'une activité de consultation dans la spécialité
d'origine.
En établissement, dans les services qui pratiquent l'échographie au lit du
patient.
L'exercice mixte, une part de consultation et une part d'échographie, est
courant.
La rigueur du protocole d'examen. L'échographie étant opérateur-dépendante,
la seule protection contre l'oubli est une systématique appliquée à chaque
examen.
La conscience de ses limites, qui est ici une compétence clinique à part
entière : savoir qu'un examen n'est pas concluant et le dire vaut mieux qu'un
compte rendu rassurant à tort.
L'endurance attentionnelle, sur des séries d'examens qui demandent chacun
une concentration soutenue.
La relation au patient, l'examen se déroulant au contact, en temps réel,
souvent avec un patient qui regarde l'écran et pose des questions.
L'extension du périmètre par modules complémentaires du diplôme
interuniversitaire.
La surspécialisation vers l'échographie vasculaire, obstétricale ou
ostéoarticulaire ouvre des exercices mieux valorisés.
L'échographie interventionnelle, ponctions et infiltrations sous guidage,
constitue une évolution technique recherchée.
La formation d'autres praticiens dans le cadre des diplômes universitaires.
Selon trois formules, dont les paramètres décisifs diffèrent.
En salariat, la rémunération relève de la convention collective de la
structure. Le volume d'examens attendu par vacation et la durée retenue par
examen sont les deux paramètres qui décident de la charge réelle.
En libéral, le revenu vient des actes cotés à la nomenclature, dont se
déduisent les charges, l'échographe étant le poste d'investissement principal.
En vacations, formule fréquente pour ce profil, la rémunération est
forfaitaire ou proportionnelle selon les centres.
Un malentendu coûteux se joue sur le périmètre. Un centre peut attendre des
examens que le diplôme du praticien ne couvre pas, et la question ne se pose
qu'une fois en poste. Faites préciser par écrit, avant l'entretien, la liste
des indications attendues, et confrontez-la aux modules réellement validés.