L'angiologue, que la formation désigne aujourd'hui comme médecin vasculaire,
prend en charge les maladies des artères, des veines, des vaisseaux
lymphatiques et de la microcirculation. Son métier tient en deux gestes : la
consultation, et l'exploration des vaisseaux par écho-Doppler.
C'est une spécialité médicale, pas chirurgicale. Le médecin vasculaire
diagnostique, explore, traite par les médicaments et par certains gestes peu
invasifs, et adresse au chirurgien vasculaire ou au radiologue interventionnel
ce qui relève d'une intervention.
Angiologue et médecin vasculaire désignent le même métier, à deux époques de
son histoire.
Avant la réforme du troisième cycle des études médicales de 2017, la médecine
vasculaire n'avait pas de diplôme d'études spécialisées propre. Elle
s'apprenait par une capacité d'angiologie, ouverte aux médecins déjà diplômés,
ou par un diplôme d'études spécialisées complémentaire de médecine vasculaire,
qui n'ouvrait pas à un exercice exclusif de la spécialité.
Depuis cette réforme, un diplôme d'études spécialisées de médecine
vasculaire forme des spécialistes dès l'internat. Le titre d'angiologue reste
pourtant d'usage courant chez les patients, les correspondants et de
nombreuses structures.
Le champ de la spécialité couvre quatre territoires.
Les artères : artériopathie des membres inférieurs, sténoses carotidiennes,
anévrismes de l'aorte, surveillance après revascularisation.
Les veines : thrombose veineuse et embolie pulmonaire, insuffisance
veineuse chronique, varices.
Les lymphatiques : lymphœdèmes primaires et secondaires.
La microcirculation : phénomène de Raynaud et autres acrosyndromes,
troubles trophiques.
La prévention cardiovasculaire, l'hypertension artérielle et la conduite des
traitements antithrombotiques traversent l'ensemble.
Le parcours dure dix ans après le baccalauréat, dont quatre d'internat, selon
la maquette du DES de médecine
vasculaire.
Les six premières années suivent le tronc commun des études médicales. Le
DES de médecine vasculaire dure ensuite huit semestres : une phase socle
d'une année, une phase d'approfondissement de deux années et une phase de
consolidation d'une année.
C'est un co-DES avec la médecine cardiovasculaire. Les deux spécialités
partagent le début de leur formation, et la phase socle associe un stage en
médecine cardiovasculaire et un stage en médecine vasculaire. L'interne y
apprend notamment à lire un électrocardiogramme et à prendre en charge les
urgences cardiovasculaires.
La phase d'approfondissement apprend à indiquer, réaliser et interpréter
l'ensemble des explorations vasculaires : écho-Doppler
artériel et veineux, bilan d'insuffisance veineuse, épreuve de marche sur
tapis, écho-Doppler transcrânien, capillaroscopie. Des stages peuvent se faire
dans des services voisins, comme la chirurgie vasculaire, la médecine interne,
la dermatologie, la neurologie ou la radiologie.
La phase de consolidation porte sur la maîtrise des traitements propres à la
spécialité, y compris l'écho-sclérose et le traitement endoveineux des
varices, et prépare à l'exercice en ville comme à l'hôpital.
Une thèse d'exercice conclut le parcours. L'inscription au tableau de l'Ordre
est obligatoire.
Il partage son temps entre la consultation, l'écho-Doppler, le traitement des
varices et le suivi des thromboses.
La consultation : interrogatoire, examen des pouls et des membres, mesure
de l'index de pression systolique, synthèse et décision thérapeutique.
L'écho-Doppler, cœur de l'activité technique : recherche de thrombose
veineuse, cartographie veineuse avant traitement de varices, bilan artériel
des membres inférieurs, des carotides et de l'aorte abdominale.
Le traitement des varices par des techniques peu invasives :
sclérothérapie, écho-sclérose à la mousse, et selon l'équipement, traitements
thermiques endoveineux.
Le suivi après une thrombose, avec la conduite du traitement
anticoagulant et la décision de sa durée.
Les avis et la coordination : avis pour les autres services à l'hôpital,
travail en réseau avec les chirurgiens vasculaires, les cardiologues, les
diabétologues et les dermatologues, notamment pour les plaies chroniques.
En cabinet libéral, en centre médical, en clinique ou à l'hôpital, avec un
équipement qui fixe le périmètre de l'exercice.
En cabinet libéral, souvent en groupe, avec un plateau d'écho-Doppler dont
l'équipement conditionne le périmètre de l'exercice.
En centre médical, en salariat, avec une activité d'explorations
programmées et un appareil fourni par la structure.
En clinique, au contact des chirurgiens vasculaires, avec une part de
bilans avant et après intervention.
À l'hôpital, en service de médecine vasculaire, avec les urgences
vasculaires, les situations complexes, la recherche et l'enseignement.
La maîtrise de l'écho-Doppler, examen très dépendant de l'opérateur : la
qualité du résultat tient à la rigueur du protocole autant qu'à l'appareil.
Le raisonnement clinique global, puisque la maladie vasculaire est rarement
isolée. Le patient atteint d'artériopathie présente souvent d'autres
localisations de l'athérome, un diabète ou une maladie rénale.
La gestion du risque thrombotique et hémorragique, au cœur du maniement
des anticoagulants et des antiagrégants plaquettaires.
L'éducation du patient, sur l'arrêt du tabac, la marche, la compression et
l'observance, qui pèsent autant que la prescription dans l'évolution de la
maladie.
Vers les gestes interventionnels sur les veines, les explorations, les plaies
chroniques ou l'enseignement.
L'orientation vers la phlébologie interventionnelle, avec le
développement des traitements endoveineux des varices.
La concentration sur les explorations, pour les praticiens qui font de
l'écho-Doppler l'essentiel de leur activité.
Les plaies chroniques et le lymphœdème, au sein d'équipes
pluridisciplinaires.
L'enseignement et la recherche par les fonctions hospitalo-universitaires.
La profession réunit encore des praticiens formés avant la réforme, par la
capacité ou par l'ancien diplôme complémentaire, aux côtés des titulaires du
nouveau DES. C'est ce qui explique la coexistence des deux titres.
Du mode d'exercice et, en libéral, de la part d'écho-Doppler dans l'activité.
En libéral, le revenu combine honoraires de consultation et actes
techniques d'exploration et de traitement, cotés à la classification commune
des actes médicaux. La part d'écho-Doppler dans l'activité compte davantage que
le nombre de consultations. En secteur 1, les tarifs sont ceux de l'Assurance
maladie ; en secteur 2, des dépassements sont possibles, encadrés en cas
d'adhésion à l'option de pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM). Les traitements
à visée purement esthétique ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie.
Les charges de l'exercice libéral sont dominées par l'appareil
d'écho-Doppler, son renouvellement et sa maintenance. L'exercice en groupe
permet de les partager.
En salariat, la rémunération relève de la convention collective de la
structure ou, à l'hôpital public, de la grille des praticiens hospitaliers,
avec progression à l'ancienneté.
C'est l'appareil, plus que l'intitulé du poste, qui fixe le périmètre réel de
l'exercice : un médecin vasculaire sans écho-Doppler de qualité ne fait qu'une
partie de son métier.