Le titre de gynécologue recouvre deux spécialités distinctes, préparées par
deux internats différents. Le gynécologue médical suit la santé gynécologique
de la femme tout au long de sa vie, en consultation. Le gynécologue-obstétricien
y ajoute la grossesse, l'accouchement et la chirurgie, donc le bloc opératoire
et la garde.
Pour les patientes, la distinction reste souvent invisible. Pour le médecin,
elle détermine presque tout : la durée de formation, le rythme de travail, le
lieu d'exercice et la nature des responsabilités.
Le gynécologue médical est un spécialiste de la consultation. Son champ
couvre la contraception, y compris la pose d'implants et de dispositifs
intra-utérins, le suivi de prévention et le dépistage, les troubles du cycle,
l'endométriose, la ménopause, l'exploration d'une infertilité, la pathologie
mammaire, les infections sexuellement transmissibles et l'interruption
volontaire de grossesse. Il n'opère pas et ne réalise pas d'accouchements.
Le gynécologue-obstétricien est un spécialiste médico-chirurgical. Il
pratique la même consultation, mais aussi le suivi des grossesses, en
particulier pathologiques, l'accouchement et ses complications, la césarienne
et la chirurgie gynécologique, de l'endoscopie à la cancérologie pelvienne et
mammaire.
Les deux travaillent en lien étroit avec les sages-femmes, qui assurent une
large part du suivi des grossesses normales et des accouchements sans
complication, ainsi qu'avec les échographistes, les radiologues et, pour la
médecine de la reproduction, les biologistes.
Parce que les deux spécialités ont chacune leur internat, de durée différente,
après le même tronc commun de six ans : quatre ans pour la gynécologie
médicale, six pour la gynécologie-obstétrique.
Les six premières années suivent le tronc commun des études médicales. Le choix
se fait ensuite à l'internat, entre deux diplômes d'études spécialisées qui ne
mènent pas au même métier.
Le DES de gynécologie médicale dure quatre ans, soit huit semestres : une
phase socle d'une année, une phase d'approfondissement de deux années et une
phase de consolidation d'une année (maquette du
DES).
L'internat porte sur la consultation gynécologique, la contraception et ses
gestes, l'interruption volontaire de grossesse, la ménopause, l'infertilité du
couple, la pathologie mammaire, et sur les principes de l'imagerie
gynécologique et de l'hystéroscopie.
Le DES de gynécologie-obstétrique dure six ans, soit douze semestres : une
phase socle d'une année, une phase d'approfondissement de trois années et une
phase de consolidation de deux années (arrêté du 21 avril 2017, version
consolidée).
C'est une formation chirurgicale. L'interne apprend les manœuvres
obstétricales, réalise progressivement les interventions courantes et urgentes
de la spécialité, et pratique l'échographie gynécologique et obstétricale.
Dans les deux cas, des formations spécialisées transversales permettent de
s'orienter pendant l'internat, notamment vers la cancérologie ou la médecine et
biologie de la reproduction.
Une thèse d'exercice conclut le parcours. L'inscription au tableau de l'Ordre
est obligatoire.
La consultation est commune aux deux spécialités : interrogatoire, examen
gynécologique et mammaire, prélèvements de dépistage, prescription,
information. Elle touche à l'intime, ce qui demande du temps et un cadre
adapté.
Les gestes de consultation : pose et retrait d'implants et de dispositifs
intra-utérins, biopsies simples, et pour certains praticiens l'hystéroscopie
diagnostique.
L'échographie gynécologique, et pour les obstétriciens l'échographie
obstétricale, qui complète l'examen clinique et oriente la décision. Un
gynécologue-obstétricien qui a commencé l'échographie prénatale à partir de
1997 doit être titulaire du diplôme interuniversitaire d'échographie en
gynécologie-obstétrique (arrêté du 20 avril
2018).
Le suivi de grossesse et l'accouchement, pour les gynécologues-obstétriciens :
consultations prénatales, grossesses à risque, accouchements difficiles,
césariennes, en lien avec les sages-femmes et les anesthésistes.
La chirurgie programmée, pour ceux qui opèrent : hystéroscopie opératoire,
cœlioscopie, chirurgie du prolapsus, chirurgie carcinologique.
La garde en maternité, qui impose une disponibilité immédiate pour
l'urgence obstétricale.
En cabinet, en centre de santé, en clinique ou à l'hôpital, selon la spécialité
et la place que prend la garde.
En cabinet libéral, avec une activité de consultation programmée,
complétée chez certains par l'échographie.
En centre de santé ou centre médical, en salariat, avec une activité de
consultation qui peut s'étendre à l'orthogénie et au dépistage.
En clinique, pour les obstétriciens et chirurgiens libéraux qui y
accouchent leurs patientes et y opèrent, avec une garde partagée entre
praticiens.
À l'hôpital public, en maternité ou en service de gynécologie, avec les
grossesses à risque selon le niveau de la maternité, la cancérologie,
l'assistance médicale à la procréation et l'enseignement.
L'exercice mixte, consultation en cabinet et activité en clinique ou à
l'hôpital, est courant chez les gynécologues-obstétriciens.
Le tact dans l'examen, puisqu'il touche à l'intime : expliquer chaque
geste, recueillir l'accord, adapter l'examen à la patiente et à son histoire.
La décision rapide sous pression, en obstétrique, où une situation peut se
dégrader en quelques minutes et engager à la fois la mère et l'enfant.
La dextérité chirurgicale, en cœlioscopie comme en chirurgie ouverte, pour
ceux qui opèrent.
L'écoute et l'information loyale, sur des sujets où la décision appartient
à la patiente : contraception, désir de grossesse, interruption de grossesse,
traitement de la ménopause.
La surspécialisation : médecine de la reproduction et assistance médicale
à la procréation, médecine fœtale, cancérologie gynécologique et mammaire,
endocrinologie gynécologique, chirurgie pelvienne.
Le recentrage sur la consultation et l'échographie en seconde partie de
carrière, une évolution possible pour les obstétriciens qui réduisent ou
arrêtent la garde.
L'activité d'échographie comme orientation principale, en particulier en
échographie obstétricale.
L'enseignement et la recherche par les fonctions hospitalo-universitaires.
En libéral, le gynécologue médical tire l'essentiel de son revenu des
consultations et des actes techniques réalisés au cabinet, comme la pose de
dispositifs ou l'échographie. Le gynécologue-obstétricien y ajoute les actes
d'accouchement et de chirurgie, cotés à la classification commune des actes
médicaux. En secteur 1, les tarifs sont ceux de l'Assurance maladie ; en
secteur 2, des dépassements sont possibles. Les obstétriciens et chirurgiens
peuvent les encadrer par l'OPTAM-CO, l'option de pratique tarifaire maîtrisée
propre à la chirurgie et à l'obstétrique, les autres par l'OPTAM.
En clinique, l'obstétricien libéral reverse en général une redevance à
l'établissement pour l'usage du plateau, selon le contrat qui les lie.
En salariat, la rémunération relève de la convention collective de la
structure ou, à l'hôpital public, de la grille des praticiens hospitaliers,
complétée par les indemnités de garde et d'astreinte.
Entre deux exercices de gynécologie, la différence tient moins à l'intitulé
qu'à la garde : sa présence ou son absence, son rythme, et le fait qu'elle se
fasse sur place ou en astreinte.