Le pédiatre est le médecin de l'enfant, de la naissance à la fin de
l'adolescence. Sa spécialité ne se définit pas par un organe mais par un âge :
elle va du nouveau-né en salle de naissance à l'adolescent, en passant par le nourrisson qui ne prend pas
de poids et l'enfant asthmatique.
Deux métiers coexistent sous le même titre. Le pédiatre de ville suit l'enfant
dans la durée, vaccine, dépiste et absorbe une large part de demandes non
programmées. Le pédiatre hospitalier travaille en équipe, sur des situations
aiguës ou des pathologies lourdes, avec une permanence des soins organisée.
Le pédiatre est un médecin spécialiste. Une grande partie de son activité ne
porte pas sur l'enfant malade mais sur l'enfant en bonne santé, dont il
surveille la croissance et le développement.
Le suivi de l'enfant constitue le socle de la pédiatrie de ville : examens
de santé prévus par le carnet, courbes de croissance, évaluation du
développement psychomoteur, vaccinations, conseils d'alimentation et de
diversification.
La pédiatrie de maternité et la néonatologie prennent en charge le
nouveau-né : examen en maternité, dépistages néonatals, accueil en salle de
naissance, soins au prématuré dans les unités spécialisées.
Les urgences pédiatriques reçoivent fièvres, détresses respiratoires,
déshydratations, convulsions et traumatismes, et demandent un tri rapide entre
le bénin et le grave.
Les maladies chroniques de l'enfant, comme l'asthme, le diabète,
l'épilepsie ou les allergies sévères, relèvent d'un suivi au long cours, souvent
partagé avec un pédiatre surspécialisé.
La médecine de l'adolescent traite des questions propres à cet âge :
puberté, troubles du comportement alimentaire, prises de risque.
Onze ans après le baccalauréat, dont cinq d'internat, selon la maquette du DES
de pédiatrie.
Les six premières années suivent le tronc commun des études médicales. Le
diplôme d'études spécialisées de pédiatrie dure ensuite dix semestres,
répartis en trois phases : une phase socle d'une année, une phase
d'approfondissement de trois années et une phase de consolidation d'une année.
La maquette impose des passages en pédiatrie générale, en néonatologie, en
urgences ou réanimation pédiatriques, et dans un service qui prend en charge
les troubles du développement et de la croissance. Des stages libres peuvent se
faire auprès d'un pédiatre libéral agréé comme maître de stage, ce qui donne à
l'interne un aperçu concret de l'exercice de ville.
Quatre options existent au sein du DES : néonatologie, neuropédiatrie,
pneumopédiatrie et réanimation pédiatrique. Cette dernière allonge l'internat
d'une année. Des formations spécialisées transversales ouvrent d'autres
orientations, par exemple les urgences pédiatriques, la cardiologie pédiatrique
et congénitale ou l'infectiologie pédiatrique.
Une thèse d'exercice conclut le parcours. L'inscription au tableau de l'Ordre
est obligatoire.
La consultation est le cœur de l'exercice de ville : examen, mesures,
interrogatoire, prescription et conseil. Elle se fait presque toujours à trois,
l'enfant et au moins un parent, ce qui change la façon de conduire l'entretien.
La prévention occupe une place que l'on sous-estime de l'extérieur :
vaccinations, examens de santé systématiques, repérage des troubles du langage,
des apprentissages et du neurodéveloppement.
Les demandes du jour, fièvre, gêne respiratoire, éruption, qui doivent
trouver une place dans un agenda déjà rempli.
L'activité hospitalière, pour les praticiens en établissement : visite dans
le service, avis aux urgences, accueil des nouveau-nés en salle de naissance,
gardes.
La coordination avec la protection maternelle et infantile, la médecine
scolaire, les orthophonistes, les psychomotriciens et les centres spécialisés,
qui structure le suivi des enfants à besoins particuliers. Le pédiatre rédige
notamment la partie médicale des projets d'accueil individualisé à l'école.
En cabinet, en centre de santé, en protection maternelle et infantile ou à
l'hôpital, public ou privé.
En cabinet libéral, seul ou en groupe, avec une activité centrée sur le
suivi, la prévention et la consultation non programmée.
En centre de santé ou centre médical, en salariat, avec une patientèle
adressée et une organisation fixée par la structure.
En protection maternelle et infantile, au sein des services départementaux,
avec une activité de prévention et de dépistage auprès des jeunes enfants.
À l'hôpital, public ou privé, en pédiatrie générale, en néonatologie, aux
urgences pédiatriques ou dans un service surspécialisé.
L'exercice mixte, consultation en ville et vacations hospitalières, permet de
garder un pied dans les situations aiguës.
L'examen d'un patient qui ne parle pas, ou peu. Chez le nourrisson, le
diagnostic repose sur l'observation, le comportement, la courbe de poids et ce
que rapportent les parents.
La capacité à reconnaître l'enfant grave parmi de nombreuses situations
bénignes. L'internat la travaille aux urgences comme en garde.
La relation à trois, qui suppose de rassurer les parents sans banaliser, de
s'adresser à l'enfant à sa mesure, et de laisser à l'adolescent un temps de
parole sans ses parents.
La vigilance en protection de l'enfance, puisque le pédiatre est souvent en
position de repérer des signes de maltraitance et doit savoir déclencher un
signalement.
La surspécialisation structure la carrière hospitalière : néonatologie,
réanimation pédiatrique, neuropédiatrie, pneumopédiatrie, cardiologie
pédiatrique, endocrinologie, gastro-entérologie ou oncologie pédiatriques.
Le passage de l'hôpital à la ville, ou l'inverse, se prépare souvent par une
période d'exercice mixte.
La prévention et la santé publique, en protection maternelle et infantile
ou dans des structures médico-sociales comme les centres d'action
médico-sociale précoce.
L'enseignement et la recherche par les fonctions hospitalo-universitaires.
En libéral, le revenu repose sur les honoraires de consultation, avec des
cotations propres à l'enfant selon son âge et la nature de l'examen. Le secteur
conventionnel compte : en secteur 1, les tarifs sont ceux de l'Assurance
maladie ; en secteur 2, des dépassements sont possibles, encadrés lorsque le
praticien adhère à l'option de pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM). Comme
l'activité est faite presque entièrement de consultations, la durée de créneau
pèse directement sur le revenu.
En salariat, la rémunération relève de la convention collective du centre,
ou du statut de la fonction publique territoriale en protection maternelle et
infantile.
À l'hôpital public, elle suit la grille des praticiens hospitaliers, avec
progression à l'échelon, à laquelle s'ajoutent les indemnités de garde et
d'astreinte.
Deux paramètres déterminent la charge réelle d'un exercice pédiatrique, bien
plus que le volume affiché : la part de non-programmé et la durée retenue pour
une consultation. Un suivi de nourrisson et un rendez-vous d'adolescent ne
prennent pas le même temps.
- Maquette du DES de pédiatrie, annexe II de l'arrêté du 21 avril 2017 modifié,
version en vigueur : Légifrance
- Organisation des études de médecine : Onisep